L’intelligence se déplace. Elle ne disparaît pas, elle se reconfigure. On pourrait dire qu’elle migre du cerveau individuel vers un cerveau collectif, fait de réseaux, de données, d’IA. L’enfant est intelligent autrement, comme un navigateur dans un océan d’informations, là où ses parents étaient des bâtisseurs de bibliothèques intérieures.
Mais ce déplacement a un prix. Moins d’attention profonde, moins de patience cognitive, moins de solitude fertile où naissent les idées. Le risque n’est pas une génération plus bête, mais une génération moins intérieure, plus fragmentée, plus dépendante de béquilles numériques. Ainsi, la question n’est pas de savoir si nos enfants seront moins intelligents que nous. La vraie question est : quelle intelligence voulons-nous transmettre ? Celle qui sait tout, ou celle qui sait penser ? Celle qui consulte, ou celle qui comprend ?
Peut-être que la véritable intelligence du futur ne sera pas de tout savoir, mais de savoir résister au bruit, cultiver le silence, et penser encore sans écran. Et si, finalement, la génération la plus intelligente était celle qui saura éteindre la machine pour rallumer l’esprit ?
FM

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